Aujourd'hui, brisons des mythes
Plusieurs idées préconçues circulent encore sur la formation générale des adultes, aussi appelée l’école aux adultes. Qui sont réellement les élèves adultes ? Comment fonctionnent les centres de formation ? Quelle est la valeur du diplôme obtenu au secteur des adultes ?
La clientèle
Les élèves s’inscrivent seulement pour terminer leur secondaire
Réalité
Pour plusieurs élèves, la FGA représente un tremplin vers un projet de formation : compléter des préalables pour entrer dans un programme postsecondaire, réorienter sa carrière, apprendre le français ou poursuivre sa scolarité dans un cadre adapté à ses besoins. Les parcours sont variés et les motivations le sont tout autant.
Parcours d’élèves
Mike, 24 ans
Mike travaille comme aide sur un chantier de construction. Après quelques mois, il s’intéresse à l’électricité et décide de compléter ses mathématiques de 4e secondaire à la formation générale des adultes afin d’accéder au DEP en électricité.
Marwa, 20 ans
Arrivée au Québec depuis deux ans, Marwa a interrompu ses études dans son pays d’origine. Elle se francise dans le programme de français de transition tout en consolidant ses acquis scolaires de base afin d’accéder à une formation professionnelle en soins infirmiers.
Les élèves sont des décrocheurs ou des « vieux »
Réalité
Si les élèves sont âgés de 16 ans et plus, la majorité se situe entre 16 et 25 ans. La clientèle est variée et provient de tous les horizons : des jeunes adultes en poursuite de parcours, des parents, des travailleurs, des nouveaux arrivants et parfois même des retraités.
Parcours d’élèves
Daniela, 63 ans
Daniela s’inscrit en francisation par curiosité et désir d’intégration. Parlant peu le français, elle souhaite améliorer sa compréhension pour communiquer avec ses petits-enfants et participer pleinement à la vie d’ici.
Julien, 45 ans
Après 20 ans de carrière en marketing, Julien retourne à l’école pour compléter ses préalables en mathématiques et accéder à une attestation d’études collégiales (AEC) en Big Data.
La rentrée et le calendrier scolaire
La rentrée scolaire se fait uniquement à l’automne, comme au secteur des jeunes
Réalité
Pour répondre aux différentes réalités de ses clientèles aux besoins variés, les centres de formation accueillent des élèves tout au long de l’année. À condition qu’un horaire soit disponible pour débuter un cours.
Parcours d’élèves
Hugo, 33 ans
Hugo perd son emploi en janvier et décide de retourner rapidement aux études. Dès mars, il est en classe pour développer ses compétences et mieux se positionner sur le marché du travail.
Delphine, 46 ans
Avec un emploi de jour et des responsabilités familiales, Delphine adapte sa formation à ses disponibilités. Elle commence un cours de chimie de 5e secondaire au printemps et reporte finalement son cours de physique à l’automne.
Les congés sont les mêmes qu’au secteur des jeunes
Réalité
Pour soutenir un cheminement continu et éviter de freiner la progression, les élèves n’ont pas de semaine de relâche. Les congés sont concentrés durant les Fêtes et les vacances de la construction, avec la possibilité de prendre une pause estivale.
Parcours d’élèves
Mathis, 28 ans
Mathis est déterminé à terminer son secondaire cette année, mais choisit de travailler plutôt que de suivre la session d’été. Il prévoit reprendre ses études à l’automne, libéré d’un stress financier et pleinement concentré sur sa réussite.
Marie-Pier, 23 ans
Marie-Pier vise une entrée au cégep en sciences de la nature et doit compléter ses mathématiques SN4. Grâce à un calendrier avec peu d’interruptions, elle progresse rapidement au printemps et peut terminer à temps pour la rentrée d’août.
Le niveau, le rythme et les examens
Il faut maîtriser les bases du secondaire pour s’inscrire à la FGA
Réalité
Un parcours en présecondaire permet d’acquérir les bases nécessaires pour accéder aux cours de niveau secondaire. Les centres de formation accueillent des élèves de tous les niveaux et chacun poursuit son cheminement à partir du dernier niveau scolaire réussi. Des tests de classement permettent, au besoin, de déterminer le niveau d’entrée.
Parcours d’élèves
Mohammed, 19 ans
Mohammed a quitté l’école jeune et doute de ses capacités. Des tests de classement révèlent qu’il se situe au niveau présecondaire en français et en mathématiques. Il renforcera ses bases à la FGA dans un cadre rassurant.
Kristine, 34 ans
Kristine retourne à l’école après 15 ans de pause. Elle croit devoir reprendre des notions de la 2e secondaire, mais un test de classement révèle qu’elle se situe plutôt en français de 4e secondaire.
Les élèves doivent suivre le rythme de la classe pour réussir
Réalité
Les élèves progressent à leur rythme en classe, en travaillant dans leur cahier. Un même cahier peut être complété en quelques semaines ou quelques mois, selon leurs besoins et leur disponibilité. Ils avancent sans pression ni pénalité, tout en bénéficiant de l’accompagnement en continu des enseignants.
Parcours d’élèves
Fabien, 26 ans
Fabien s’inscrit à temps plein pour terminer rapidement ses cours et accéder à la formation professionnelle. À l’aise dans la plupart des matières, il progresse rapidement en quelques semaines, mais prend plus de temps en mathématiques et n’hésite pas à consulter son enseignant en cours de route.
Aminata, 39 ans
Inscrite à temps partiel, Aminata travaille, s’occupe de sa famille et progresse à son rythme. Ses cours de sciences et de mathématiques SN5 lui prennent plusieurs mois, et elle n’hésite pas à aller chercher de l’aide lorsqu’elle en a besoin.
Les élèves doivent attendre leur groupe pour passer les examens
Réalité
Les élèves n’ont pas à attendre leur groupe pour passer un examen. Les centres de formation organisent régulièrement des sessions d’examen pendant l’année. Les élèves décident avec leur enseignant s’ils sont prêts à faire l’examen. Des pré-tests peuvent les aider à évaluer leur niveau et à renforcer leur confiance, avant de se faire évaluer.
Parcours d’élèves
Idriss, 25 ans
Prêt en mathématiques, Idriss valide son niveau avec son enseignant, réussit un prétest, puis s’inscrit à la prochaine session d’examen. Il réussit et passe au module suivant.
Simone, 33 ans
Simone a terminé son cahier, mais doute de sa préparation. Un prétest proposé par son enseignant met en lumière les notions à consolider. Elle choisit de repousser son examen afin de se présenter plus confiante.
La valeur du diplôme et le niveau d'exigence
Le diplôme obtenu à la FGA a moins de valeur que celui du secteur des jeunes
Réalité
Les deux diplômes ont une valeur académique équivalente. Ils donnent accès aux mêmes études postsecondaires, aux mêmes emplois et reflètent les mêmes compétences.
Parcours d’élèves
Rosalie, 22 ans
Rosalie veut obtenir son diplôme d’études secondaires (DES) à la FGA pour rentrer au cégep en sciences humaines et ultimement, accéder à l’université. Ses unités acquises à la FGA lui permettent d’obtenir son diplôme d’études collégiales (DEC) nécessaire pour le baccalauréat visé.
Adrien, 27 ans
Hadrien complète son DES à la FGA et postule sur un poste administratif dans une entreprise. À son embauche, son diplôme est reconnu sans questionnement et il décroche l’emploi grâce à ses qualifications.
Faire son secondaire à la FGA est plus facile que de le faire au secteur des jeunes
Réalité
Les exigences académiques sont les mêmes qu’au secondaire. Les différences sont dans le cadre d’apprentissage : horaires adaptés (de jour, de soir, temps plein, temps partiel), formation en classe ou à distance, respect du rythme de chacun et accompagnement plus individualisé.
Parcours d’élèves
Jonathan, 26 ans
Jonathan croyait qu’en allant à la FGA, les examens seraient beaucoup plus faciles qu’au secteur jeune. Il découvre toutefois que plusieurs évaluations demeurent ministérielles et que les attentes académiques sont similaires.
Cléo, 20 ans
Cléo vivait beaucoup d’anxiété dans les grands groupes au secondaire et participait rarement en classe. À la FGA, elle a découvert un environnement plus calme, où l’accès facile à un enseignant lui a permis de demander de l’aide et de reprendre confiance en ses capacités.
Les cours à distance sont moins exigeants que les cours en classe
Réalité
La formation à distance assistée (FADA) et la formation en classe offrent deux expériences d’apprentissage différentes. La FADA privilégie une plus grande autonomie, avec le soutien d’enseignants au besoin. Si elle offre plus de flexibilité, elle demande discipline et rigueur. La formation en classe permet un accompagnement plus direct et personnalisé en temps réel.
Parcours d’élèves
Tao, 31 ans
Tao choisit la flexibilité de la FADA pour mieux concilier ses études et son horaire. Au départ, la procrastination le freine et ses périodes d’étude sont souvent reportées. Grâce à quelques ajustements dans son organisation, il apprend à se créer une routine efficace pour réussir ses cours à distance.
Betty, 35 ans
Betty débute sa formation à distance et avance dans ses cahiers. Elle adresse toutes ses questions à un enseignant disponible au besoin, mais réalise qu’elle préfère des échanges directs en classe. Elle choisit de poursuivre sa formation dans une classe pour bénéficier d’un cadre d’apprentissage plus encadré.
Betty débute sa formation à distance et progresse dans ses cahiers. Bien qu’un enseignant soit disponible pour répondre à ses questions, elle réalise qu’elle préfère les échanges en personne dans un climat de classe.
L'encadrement et les services offerts
Les élèves sont laissés à eux-mêmes et doivent être entièrement autonomes dans leurs études
Réalité
Même si les élèves progressent dans leurs cahiers à leur propre rythme, ils peuvent compter sur l’aide d’un enseignement à tout moment. Au besoin, un soutien supplémentaire est également offert en classe par des orthopédagogues et des enseignants spécialisés.
Parcours d’élèves
Emmanuelle, 28 ans
Très autonome, Emmanuelle avance seul et demande rarement de l’aide, mais sait qu’elle peut compter sur l’enseignant dès qu’une notion bloque.
Ulysse, 19 ans
Au début, Ulysse se sent perdu devant la liberté offerte à la FGA. L’enseignant prend le temps de l’aider à structurer son travail et à développer son autonomie en se fixant des objectifs réalistes.
Les élèves ont moins de ressources et de mesures adaptatives qu'au secondaire régulier
Réalité
Les élèves peuvent compter sur une équipe de professionnels pour les accompagner dans leur parcours, notamment des conseillers en formation, des psychoéducateurs, des orthopédagogues et des intervenants psychosociaux. Ils conservent au les mesures adaptatives dont ils bénéficiaient au secondaire, lesquelles sont réévaluées au besoin afin de demeurer adaptées à leur réalité.
Parcours d’élèves
Sasha, 27 ans
Ayant bénéficié de mesures adaptatives au secondaire pour son TDAH, Sasha a peur de les perdre en retournant aux études à l’âge adulte. Elle apprend qu’elle conserve notamment son droit au temps supplémentaire lors des examens et peut aussi recevoir un accompagnement adapté à ses besoins.
Carlos, 31 ans
Carlos vit beaucoup de stress en raison de difficultés
familiales qui nuisent à sa concentration en classe. Une technicienne en
travail social l’aide à mieux gérer sa situation et le réfère, au besoin, vers des ressources externes pour
obtenir un soutien complémentaire.