Centre de services scolaire
de Montréal

Centre de services scolaire de Montréal


9 mai 2012

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a présenté aujourd’hui son Programme de la qualité de l’air intérieur (PQAI). Dans une approche sans équivalent, ce programme s’appuie sur une grille d’analyse en neuf critères, élaborée avec la Direction de santé publique (DSP). Cette grille a déjà été appliquée aux 214 écoles de la CSDM.  Des partenaires se sont joints à la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, pour signifier l’importance d’une action concertée et collective pour l’amélioration de la qualité de l’air intérieur et de la qualité de vie : Dr Louis Drouin de la Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Dr Gilles Julien, de la Fondation du Dr Julien et du centre Assistance d’enfants en difficulté, et Réal Ménard, maire de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. De plus, un expert de renommée internationale, Jean-Pascal Foucault, a corroboré l’approche et les méthodes choisies par la CSDM pour l’amélioration de la qualité de l’air intérieur de ses établissements.

En effet, bien qu’il s’adresse d’abord à la CSDM, ce programme s’inscrit dans des enjeux plus larges de santé publique, de pédiatrie sociale et de salubrité des logements à Montréal. « Les événements récents de contamination par des moisissures dans plusieurs écoles de la CSDM nous ont ébranlés et ont ébranlé la communauté montréalaise. La santé de nos élèves et de notre personnel est non seulement fondamentale en soi, mais essentielle à la réussite. En aucun temps, ni en aucune circonstance, la CSDM n’acceptera de compromis pour assurer un environnement sain et sécuritaire favorable au succès de ses élèves », a déclaré Mme De Courcy.

Au coeur du PQAI : une grille universelle pour des situations uniques

Le Service des ressources matérielles de la CSDM a élaboré, conjointement avec la DSP, une grille d’analyse basée sur neuf critères : présence de moisissures, signalement de problèmes de santé, historique connu d’infiltrations ou de fuites d’eau, historique des sinistres avec réclamation, présence d’un vide sanitaire, indice de vétusté physique (IVP), occupation, âge du bâtiment, type de ventilation et entretien ménager.

Un pourcentage est attribué à chaque critère en fonction de son impact, par exemple, les bâtiments accueillant des élèves HDAA et d’âge primaire reçoivent une pondération supérieure.

Chacune des 214 écoles de la CSDM a été évaluée selon cette grille. En fonction de ces résultats, la CSDM a dressé une liste prioritaire pour des investigations plus approfondies d’abord menées dans la trentaine d’écoles qui se démarquent par la pondération du PQAI. Cette liste est évolutive : la priorité donnée aux interventions subséquentes dépendra des résultats des investigations et des nouvelles données qui pourraient surgir.

Parallèlement, la CSDM identifie des écoles qui pourront accueillir temporairement les élèves déplacés lorsque des travaux majeurs sont nécessaires. Les expériences récentes démontrent en effet que la cohabitation des élèves et du personnel avec les grands chantiers nuit aux conditions d’apprentissage et d’enseignement. Ces écoles transitoires sont choisies en fonction de l’espace disponible pour accueillir un plus grand nombre d’élèves, de l’obtention d’une bonne cote au PQAI et de leur emplacement géographique.

Les investigations ont démontré que les tests d’air systématiques ne suffisent pas à déceler les véritables problèmes de mauvaise qualité de l’air. Un test d’air négatif n’est pas gage d’une bonne qualité d’air, parce que la contamination peut être intramurale, par exemple, dans la maçonnerie.

Depuis janvier, un système de signalement de problème a été mis en place à la CSDM. Cinq équipes multidisciplinaires formées d’ingénieurs ou d’architectes, de techniciens en bâtiment et de préventionnistes en santé – des brigades d’intervention rapide – sont chargées d’analyser toute situation particulière ou préoccupante qui survient dans les écoles. À ce jour, 150 établissements ont adressé 214 demandes de tout ordre reliées à la qualité de l’air, desquelles 68 % ont été réglées ou sont en voie de l’être – un travail en continu.

Agir de façon responsable

Pour la réalisation de l’ensemble du PQAI, la CSDM estime avoir besoin d’un financement de 68 M$. Cette année, la CSDM a déjà assumé des dépenses de quelque 7 M$. Le seul lancement du PQAI nécessitera un budget approximatif de 15 M$, appliqué à l’investigation d’une trentaine d’écoles prioritaires, la formation, l’entretien, le nettoyage fin, etc. S’ajoute également environ 10 M$ pour la réfection des écoles transitoires. Des discussions sont entamées avec le gouvernement du Québec afin d’obtenir les fonds nécessaires aux travaux majeurs, notamment dans les écoles sinistrées.

La situation qui prévaut à la CSDM a surpris par son ampleur et son acuité, notamment à la suite des problèmes de moisissures devenus plus sérieux à six écoles : Baril, Hochelaga, Saint-Nom-de-Jésus, Saint-Gérard, Sainte-Jeanne-d’Arc annexe (école non active) et Saint-Raymond, annexe. Ceci a révélé une problématique beaucoup plus complexe qu’il n’y paraissait au départ, d’autant qu’au Québec, un seul cas avait été répertorié en dix ans.

Pour mieux comprendre l’origine des problèmes, la CSDM a mandaté son vérificateur interne pour mener une enquête sur l’entretien de ces six bâtiments. En outre, la CSDM a participé à l’enquête du Vérificateur général du Québec pour son projet d’étude Qualité de l’air dans les écoles primaires, dont le rapport devrait être déposé à l’automne prochain. La CSDM apportera aussi sa contribution au Comité national mis sur pied par le gouvernement du Québec et qui remettra son rapport dans un an. De plus, un comité paritaire élargi de santé et sécurité au travail regroupera, entre autres, des représentants des instances suivantes : directions d’établissement, services des ressources humaines et des ressources matérielles, syndicats des concierges et des aides-concierges. Ce comité révisera les pratiques d’entretien, les routines, les outils requis, etc.

La mobilisation des équipes administrative et politique de la CSDM, leur volonté de s’attaquer en profondeur au problème et la collaboration active de ses partenaires ont permis l’élaboration du PQAI, basé sur une approche de prévention. « Bien sûr, ajoute Mme De Courcy, cela ne nous dispensera ni de l’imputabilité, ni de la transparence, ni de l’obligation de résultats. Nous le savons. Nous entendons prendre nos responsabilités et tous les moyens à notre disposition pour apporter les correctifs nécessaires dans nos établissements et protéger la santé de nos élèves et de notre personnel. »

L’évolution du PQAI pourra être consultée sur le site Web de la CSDM. La publication d’une « Info-qualité de l’air » est également prévue et un suivi sera présenté à l’occasion des redditions de comptes publiques.

Rappelons qu’avec ses 200 établissements et ses 16 000 employés, la Commission scolaire de Montréal est le plus grand réseau d’écoles publiques du Québec. Entre autres responsabilités, elle organise les services éducatifs pour 100 000 élèves, elle gère les ressources humaines, financières et matérielles, elle coordonne le transport scolaire, les services de garde et les relations avec la communauté.

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