Centre de services scolaire
de Montréal

Centre de services scolaire de Montréal


9 mai 2012

Aujourd’hui, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a présenté son Programme de qualité de l’air intérieur (PQAI). Durant les travaux qui ont mené à ce programme, notamment à la suite de la fermeture de trois écoles dans le quartier Hochelaga, il est apparu que la question de la qualité de l’air couvre un large spectre qui dépasse le champ d’action de la CSDM. Un consensus s’est clairement dégagé : l’enjeu en est un à la fois de santé publique, de pédiatrie sociale, de salubrité des logements à Montréal et de conscientisation de la population.

Dans le but d’englober cette problématique dans toute son amplitude et de s’y attaquer avec efficacité, un comité de concertation local est créé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, regroupant des représentants des milieux municipal, communautaire et scolaire, des services sociaux et de la santé, la DSP ainsi que le Dr Julien et auquel pourraient participer des propriétaires immobiliers et autres.

Le Dr Louis Drouin de la Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (DSP), le Dr Gilles Julien, de la Fondation du Dr Julien et du centre Assistance d’enfants en difficulté, et Réal Ménard, maire de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve sont venus aujourd’hui signifier leur appui à la présidente de la CSDM, Diane De Courcy, dans cette action concertée et collective pour l’amélioration de la qualité de l’air et de la qualité de vie. Le modèle d’action développé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve pourra vraisemblablement être exporté dans d’autres quartiers. Étant donné la disparité des réalités locales, le souhait est d’obtenir une contribution montréalaise à l’échelle du territoire de la CSDM.

Préoccupations et responsabilités partagées

Au fil du travail accompli autour du Programme de la qualité de l’air, devant la difficulté à agir dans le contexte urbain de la CSDM, plusieurs constats et facteurs d’influence se sont imposés à la fois dans l’élaboration et dans la réflexion commune.

Même dans des lieux parfaitement inoffensifs pour d’autres, certaines personnes qui ont été exposées à des milieux contaminés demeurent sensibles à la présence de faibles concentrations de moisissures. En 2011, la DSP révélait, à la suite d’une étude sur la santé respiratoire de 8 000 enfants montréalais, que des indices d’humidité excessive ou de moisissures seraient présents dans 36 % des logements où résident des enfants âgés de 6 mois à 12 ans, avec une proportion qui atteint 52 % sur le territoire du CLSC le plus affecté et 46 % sur le territoire du CLSC Hochelaga-Maisonneuve. Or, dans ce quartier, trois écoles se trouvant le long de la rue Adam sont particulièrement affectées par la mauvaise qualité de l’air : Hochelaga, Baril et Saint-Nom-de-Jésus. C’est notre principale raison d’agir particulièrement dans ce quartier avec nos partenaires. D’ailleurs, récemment, le rapport de l’ombudsman de la Ville de Montréal ajoutait sa voix en dévoilant les conditions difficiles des familles qui vivent dans des logements insalubres.

Aux facteurs sociaux s’ajoute la contrainte d’un parc immobilier âgé et souvent patrimonial. À la CSDM, 137 bâtiments sur les 214 écoles ont une valeur patrimoniale. Sachant que le coût de réhabilitation des bâtiments patrimoniaux, dans le respect des caractéristiques d’origine, est 1,4 fois plus élevé que celui d’un bâtiment ordinaire, la CSDM fait face à une situation particulière.

Les citoyens doivent pouvoir participer aux réflexions concernant ce patrimoine bâti. « Nous devons nous demander s’il faut à tout prix conserver le patrimoine, ou s’il faut plutôt considérer reconstruire sur de nouvelles bases, se questionne Mme De Courcy. Entre le rappel et le maintien de l’histoire, quelles sont nos options ? Quel degré de risque sommes-nous prêts à assumer ?», a-t-elle ajouté.

Présentement, au sujet de l’intégration d’édifices scolaires au paysage urbain, mentionnons qu’il n’existe pas de plan d’urbanisme qui intègre cette dimension à la Ville de Montréal et ses arrondissements. De plus, l’absence de guichet unique, conjugué à la disparité des processus d’un arrondissement à l’autre, ralentit considérablement nos actions et pose problème. Cette situation milite aussi en faveur d’une concertation plus importante à tous les niveaux.

On ne peut donc s’attaquer efficacement à la problématique de la qualité de l’air sans s’inscrire dans une démarche systémique, qui englobe d’autres milieux, d’autres enjeux de santé publique, de logements sociaux, de salubrité du parc locatif privé et de patrimoine commun. La problématique de la qualité de l’air déborde largement le cadre scolaire. Et malgré tous les efforts consentis pour maintenir une saine qualité de l’air dans les écoles, il est manifeste que la CSDM ne peut agir seule.

« Nous souhaitons que l’approche, les mesures et les actions préventives que nous préconisons soient utiles à d’autres organisations devant les mêmes problématiques, a indiqué Mme De Courcy. Nous voulons aussi favoriser la participation citoyenne et les échanges, autant sur les risques auxquels nous pouvons consentir, sur les mesures à prendre, que sur les coûts jugés acceptables pour notre société. »

Rappelons qu’avec ses 200 établissements et ses 16 000 employés, la Commission scolaire de Montréal est le plus grand réseau d’écoles publiques du Québec. Entre autres responsabilités, elle organise les services éducatifs pour 100 000 élèves, elle gère les ressources humaines, financières et matérielles, elle coordonne le transport scolaire, les services de garde et les relations avec la communauté.

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